Portraits de vignerons

Ils font corps avec les éléments, gardent la tête haute face aux aléas, transmettent l’amour du terroir à travers leurs vins. Les vignerons de l’AOC Fitou vous racontent leur attachement à leur métier, vous livrent leurs émotions.

Damien Martinez

Vigneron -
Domaine du Cigalet

Rencontre avec Damien Martinez, Domaine du Cigalet (Villeneuve-les-Corbières).

“Ici, je suis dans mon élément, parce que c’est un bonheur de pouvoir prendre le temps de contempler le paysage, de travailler en harmonie avec la nature, de partager nos vins. C’est un peu vallonné, on a des points de vue différents selon les parcelles.

Au quotidien, je prends plaisir à aller observer les vignes, admirer la nature, préserver l’héritage de mes ancêtres. Au moins 6 générations de ma famille sont vignerons dans le village de Villeneuve. Je suis fier de perpétuer cet héritage.

Le terroir est rustique, mais il nous protège aussi. On a très peu de pluie, du vent, du soleil, donc on a naturellement des parcelles saines. C’est le premier traitement contre les maladies. La culture en gobelet de nos ancêtres s’adapte au soleil, et le vent assainit la souche.

On ne contrôle pas la nature, on la laisse s’exprimer, on travaille en harmonie avec elle. Jamais je n’ai de découragement. On subit les aléas comme un événement, pas comme une fatalité. La Nature nous donne tellement en positif.”

Christelle Virot

Viticultrice -
Vignobles Cap Leucate

Rencontre avec Christelle Virot, viticultrice, Vignobles Cap Leucate.

“Ici, je suis dans mon élément, car je suis seule dans la nature, je fais comme je veux, quand j’ai envie. C’est agréable de travailler à l’extérieur, avec le beau temps, le soleil, la tramontane. S’il pleut, je n’y vais pas, mais c’est très rare qu’il pleuve ! Les jours de grosse chaleur, on adapte les horaires.

Je crains le vent l’hiver, à cause du froid, et au moment du relevé, parce que les végétaux peuvent casser. Le climat est rude, avec très peu de pluie, les vignes souffrent. On s’adapte. On fait avec ce qu’on a. Pour faire ce métier et suivre les aléas dus à la sécheresse, il faut être vaillant, courageux, minutieux, exigeant, rigoureux.

En chaque agriculteur, il y a une grande force. On se dit qu’on va s’en sortir, que ça va aller mieux, on essaye de garder un moral positif. On est solidaires les uns avec les autres.”

Marion Fontanel-Moyer

Vigneronne -
Château Les Fenals

Rencontre avec Marion Fontanel-Moyer, vigneronne, Château Les Fenals (Fitou).

“Ici, je suis dans mon élément, parce qu’on crée avec la matière que la nature nous donne. À nous d’en faire ce qu’on peut, avec notre personnalité et notre perception.

C’est une chance d’être là ! On a la mer, on voit le Canigou, on est au bord de l’étang, j’ai tout devant les yeux. Le soleil et la tramontane me donnent l’envie de me bouger !

Si l’on se prend un gel, une grêle, une sécheresse, on ne peut rien faire. C’est à nous de nous adapter à la nature.

Chaque année, on recommence à zéro, on se remet en question, c’est ce qui me plaît. C’est en nous, c’est notre terre.”

Valérie Guérin

Vigneronne -
Les Mille Vignes

Rencontre avec Valérie Guérin, vigneronne, Les Mille Vignes (La Palme).

“Dans mes petits jardins de vigne, je suis dans mon élément, car je vois les étangs, la lagune, et, derrière, la mer. Si je me tourne, je vois les Corbières et les Pyrénées. Si je me baisse, je vois la terre, et je sens la poussière.

Dans cet environnement séduisant, mon travail est d’aller chercher de la fraîcheur dans mes vins. Être vigneron, c’est être un grand jardinier. Sur 11 hectares, j’ai 13 jardins que je bichonne. Je cultive le rare : des cépages adaptés au soleil. Mon encépagement a plus de 75 ans, il est en pleine santé !

Je donne des vins élevés avec patience, qui, même jeunes, se goûtent bien, car j’ai su prendre le temps de jardiner, d’élever, de vinifier, de transmettre.

Je suis en création continue. Si l’on ne crée pas, on régresse. J’ai une pensée toujours en mouvement dans cet environnement idyllique.”